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mardi 11 septembre 2012

A939 et A940: L'ouvrage des Oeillons et son contre-ouvrage

Dans le cadre de la journée du patrimoine 2012 et le thème de l'année "Pierre et Béton", l'Association Fortifications Historiques Romandes ouvrait les portes de leurs petits bébés: Un ouvrage d’infanterie et son contre ouvrage implantés aux Oeillons (au pied du Creux du vent) et fraichement "remis à neuf".


Un ouvrage qui me motivait à me déplacer, il est entièrement équipé, repeint au couleurs d'origine et présente une petite particularité que l'on verra plus bas. 

J'ai donc pris mon barda et suis parti en direction de Noiraigue pour vous en faire profiter.


Les ouvrages de l'Oeillons sont intégrés au secteur frontière de la région de Neuchâtel, une zone qui aurait sans doute été la première à ordonner le feu libre avec ses confrère vaudois, jurassiens et bâlois. Cela dit, ici, le barrage des Oeillons barre une toute petite route forestière. Le risque de combattre l'ennemi à cet endroit était minime, mais une zone frontière étant ce qu'elle est, cet axe n'était pas négliger et devait freiner l'avance de la troupe adverse venant de la région de Couvet ou Travers par les petites routes (la plaine étant muni de BACH et BAC)




Le dispositif  des Oeilons est muni de 2 Barricades se trouvant en amont et en aval de la route qui passe au pied du bunker. Le canon 9cm équipant l'ouvrage principale pointe en direction de la barricade amont.

barricade amont

barricade avale juste en contre bas de l'ouvrage

proche des barricades on y voit encore  les endroits qui étaient prévu pour accueillir les magasins contenant le matériel de barrage (les magasins ont été démonté)

on retrouve à une centaine de mètre plus haut que la barricade amont un quai (chargement et déchargement). Je ne sais par contre pas si il a une fonction militaire ou uniquement forestière

L'ouvrage principal A939

Le dispositif des Oeillons fait parti de ces ouvrages constrtuits "en urgence" en pleine guerre afin de densifier le réseau défensif suisse. C'est en mai 1942 que le chantier commence, 6 mois seront utilent pour que les 2 ouvrages soient fonctionnels et remis à la troupe. Cette dernière les occuperont une dernière fois dans les années 90.

 L'ouvrage est en outre équipé d'un canon Ach 9cm (remplaçant  le 4,7cm initial) sur affût fixe dans la direction du barrage amont. Ce  même canon pouvait être posé sur affut de campagne et  engagé dans l'une des 2 autres positions de tirs qu'équipe le bunker. Une position  en dépression visant la route qui passe au pied du fortin et une autre position, opposé à la position principale, qui pointe en aval de la route.Une caractéristique qui rend ce fortin quasi singulier. Inutile de préciser que chaque position de canon était doublée d'une embrasure Obs / FM.
Vue d'ensemble de la face Ouest (avec canon) et Nord

Détail de l'embrasure canon


vue d'ensemble de la face nord

embrasure canon (prévue pour des tirs en légère dépression)

PObs de la ...face nord



vue d'ensemble de la face Est

L'ouvrage est, tout comme Henri 2, conçu sur 2 étages: l'étage de repos se situé au sous-sol (qui contient également la ventilation) et bien évidemment l'étage supérieur destiné au combat. On retrouve un embrasure FM qui gère l'entrée de l'ouvrage, ici la chicane est "naturelle"...elle se fait directement après l'entrée à gauche.. L'embrasure flanque directement l'ennemi à l’extérieur et non pas dans un couloir à chicane comme il est de coutume à la division 1 (par exemple).


Le bunker renferme également un réservoir de 4100 litres, le captage se faisant depuis le toit de l'ouvrage.



Son canon
Initialement doté d'un canon 4,7cm, Ce fortin n'as pas échappé à la mise à jour par un canon 9cm. Celui-ci est le canon qui dotait ce bunker. Il n'a jamais tiré la moindre pièce sur site. Mais  pas loin de 120 coups  d’essai, de calibrage et de réglage ont été effectués "avant livraison" (tout comme la plupart des canons) .inutile de préciser que ce canon est maintenant neutralisé et n'est plus opérationnel.




Son intérieur:
 Dans un soucis de préserver leur patrimoine, toute prise de vu intérieur d'ouvrage affilié à l'ASPMNE sont interdite





Contre ouvrage A940

Ce petit contre ouvrage surplombe l'ouvrage principale de quelques mètres. C'est un petit bunker de 3x3m. 

Cet ouvrage est resté fermé lors de cette journée, c'est par contre le fortin qui demande le moins de travail, l'intérieur étant en bien meilleur était que le A939. L'extérieur à remarquablement été "retapé". 
 Pour sûr: 2 créneaux Pobs / FM équipe le bunker. Une 3ème embrasure  abrite peut-être une position Mitr.




 
Voilà, ma petite escapade aux Oeillons se termine là. Si le travail effectué par la "Fortification Historiques Romandes" vous intéresse, vous vous intéressez simplement à l'avancée des travaux ou si vous souhaitez carrément rejoindre leur équipe, n'hésitez pas à contacter ces sympathiques Neuchâtelois par le biais de leur site internet


Mes remerciements vont également au très sympathique Michel Gander, ancien Garde-Fort, pour ses précieuses informations, vous savez..... ce genre de personnes que l'on aurait envie d'écouter des heures durant. Une personne que je vais rencontrer à nouveau d'ici quelques temps... ;-)





ANNEXE - Barrage Antichar: Vers-chez-Joly.

 Une petite annexe au sujet du BACH de Vers-chez-Joly, c'est un passage obligé pour rejoindre les Oeillons ou carrément le Creux-du-Van si vous êtes en partance de Noiraigue. 

Je savais que ce barrage était à cet endroit (puisque bien visible sur vue satellite) ce que je ne savais par contre pas, c'est que cette lignée de toblérone "coupe" 2 routes (dont la principale ici). Mais qu'un bunker (A938) défendait la zone. Cet info, j'en ai pris connaissance qu'à mon retour dans mon petit chez moi. Cela ne vaut  donc pas un petit article, mais vu que cela se situe dans la région de Noiraigue, je l'incorpore ici de manière provisoire.

jeudi 23 août 2012

Barrage de l'Hongrin - A1650

Cet article va traiter de l'ouvrage de l'Hongrin. Plus que l'ouvrage: on va s'intéresser au secteur complet.. Un secteur dont le schéma renferme tout les acteurs classique d'un barrage: 

- un ouvrage
- un contre-ouvrage 
- un Omi

Nous allons donc ici décortiquer ces 3 éléments clé qui constituent un « barrage ».


Dans le cas présent: le barrage de l'Hongrin barre la route qui mène de Montbovon à la Lécherette. La Lécherette se trouvant proche du Col des Mosses et par conséquent très proche du Réduit national. La donnée d'ordre est donc toujours la même renforcer le secteur afin de stopper/freiner  tout avancée ennemie vers le réduit histoire que les troupes du Réduit national soient  préparées de manière optimale à « recevoir » l'ennemi.


Mais pourquoi donc L'Hongrin

Autant prévenir que guérir. Dans le cas le l'Hongrin. L'ennemi se trouvant dans l'Hyntiamont pouvait rejoindre la pleine du Chablais et avancer rapidement en direction du goulet de St-Maurice (Une des entrée principale du Réduit) . C'est pour cela que l'Etat Major à ordonné la construction du fort d'artillerie de la TINE et renforcé la crête de Solomont en y dispersant sur celle-ci une vingtainede bunkers, Tout cela dans le but de stopper et canaliser les troupes offensives

le trajet rouge représente la voie la plus probable qu'aurait utilisé l'ennemi pour passe le Col des Mosses. Le tracé vert montre un détour via la vallée de l'Hongrin

 Des troupes  auraient donc bien pu passer par Allières afin de contourner le fort de la Tine (ce qui n'empêche pas que le secteur de feu de la Tine englobe la Région Allières/Montbovon (la portée maximal étant le Vanil des Artzes)...) et de filer «  en douce » en direction de La Lécherette via la valllée de l'Hongrin. Le risque était faible, mais il n'est néanmoins pas écarté, voici la raison pour laquelle nous retrouvons à la frontière valdo-fribougeoise  un ouvrage infanterie. 



L'ouvrage miné (Omi)

Nous nous garons peu après Allières et partons à pied en direction de la vallée de l'Hongrin. Sur le chemin, après un petit kilomètre, collé le long d'une parois rocheuse:  c'est l'Omi qui nous souhaite la bienvenue.

  
Un Omi assez classique pourvu de 2 puits de minages, 2 chambres accessiblent par échelles encore sur place et le Solitaire (puis de mineur) Ici, en cas de minage, cela n'est pas loin de 40m de route qui se retrouve dans le lit de l'Hongrin, 50-60m plus bas. 

décortiquons cet Omi...
Rouge: zone de démolition supposée / Jaune: Solitaire / Bleu: chambres et puits de minage / Vert: échelle pour accès au chambres de minage
Détail du Solitaire qui renferme le puits de mineur

une des 2 échelles de l'installation

Au pied de la seconde échelle : l'accès à l'une des 2 chambres de minage. La canalisation visible à gauche de l'échelle emmenait le cordeau détonnant de la chambre au solitaire


détail d'une des 2 portes des chambres de minages



détail de l'un des puits de minage

Le Fortin A1650 "Cèdre Rive Droite"
Nous reprenons la promenade, enjambons un pont pour basculer sur la rive droite de l'Hongrin. Encore 600m et nous arrivons devant l'ouvrage d'infanterie de l'Hongrin: A1650 « Cedre »
  C'est un petit ouvrage d’infanterie , un peu à l'image de la probabilité de passage de l'ennemi par cette route. Il renferme néanmoins un canon 4,7cm, un grand espace de vie, un réservoir d'eau, un local de ventilation et des WC et quelques pièces (sans fonctions définies). 3 embrasures Pobs/FM en tirs croisés sont réparties au centre, et aux 2 extrémités de l'ouvrage.

Allons y faire un tour: 

L'entrée (1)


L'embrasure FM de l'entrée (3)

Cantonnement (4, 5 et 6)
WC (5)

Local ventilation (4)
local de vie
local de vie, passage pour accès au réservoir

 Le réservoir (7)



Pobs/FM Est (8)

Pobs/FM Central (9)




on remarque, sur cette image,la présence d'une trappe de ramonage, un reste d'une cheminé?


Le Mag Mun (10)


La chambre de tir ouest (canon 4,7cm) (11)
Une casemate inachevée? C'est une question que l'on peut se poser. Passablement d'ouvrages édifiés par la Division 1 (dont le A1650 en fait parti) bénéficiait de dédoublement de planches de fibrociment (afin d’irriguer l'eau d'infiltration derrière les parois et d'ainsi épargner les peintures intérieurs  . Dans le cas du A1650: on retrouve les points d'ancrage pour ces plaques (tout ces plots de bois scellé dans le béton)..mais pas les plaques elles-même... 


une des rares positions 4,7 fribourgeoise à ne pas avoir été upgradée en 9cm,....




Autres

détail de la porte blindée (2)



Le contre - ouvrage
Un peu moins connu: A1650 incorpore sous le même n° d'ouvrage...  2 fortins (chose assez rare pour le souligner, peut être une erreur??) : l'ouvrage principal et ce contre ouvrage  se trouvant sur la rive gauche à même hauteur que son confrère mais un peu plus haut perché au pied de la falaise. 

Pour y parvenir, il suffit de redescendre la route de l'Hongrin et passer le pont qui permet de partir en direction des Rochers de Naye,
juste après le pont, il suffit de remonter la rivière par la rive gauche (on y devine un large chemin jusqu'à la hauteur de l'ouvrage principale. 

 Ce contre-ouvrage est en fait une simple chambre de tir FM dont l'embrasure pointe en direction de l'ouvrage principale.

à titre indicatif la hauteur de la porte ne dépasse guère 1m50



Nous observons sur cette ouvrage une chose très atypique: l'entier du pourtour de l'ouvrage est équipé de crochets scellés dans la roche: ces derniers servaient à y crocher un filet de camouflage. Permettant ainsi de faire disparaitre ce pan de béton aux yeux de ceux qui ne devait pas en soupçonner son existence.

près d'une dizaine de crochet sont repartie sur cette façade...
 
La Rivière
Le lit de rivière, à hauteur des ouvrages, était équipé pour être entravé par du matériel d'infanterie (barbalé, etc...) on y retrouve encore des traces. Mais les diverses crues ont eu raison de l'installation.






Voilà, le secteur de l'Hongrin a été passé au crible. Nous pouvons maintenant rentrer tranquillement afin de préparer d'autres petites visites.