reduit national, une petite orientation



Le réduit national, c'est bien joli!! mais c'est quoi?


Le réduit national est un terme qui regroupe l'ensemble des éléments défensifs et fortifiés mis sur pied par le Général Guisan durant la Seconde Guerre Mondiale.





Son but était de défendre une portion donnée du territoire suisse en cas d'invasion (ennemie, bien sûr), dans notre cas, les Alpes de la Suisse avec comme point central:  Le Gothard. Son originalité résidait dans le fait que les ouvrages étaient bâtis tantôt sous roc (entendez par là dans le rocher), tantôt sous forme de bunker jouant d'originalité pour les rendre inaperçu et les intégrant dans le paysage (faux sapins, faux rochers, granges, maison, cabanes....)   Son "centre névralgique" était situé dans le massif du Gothard, mais les lignes de défense, qui avaient pour mission de freiner l'avancée des troupes, s'étendaient sur l'ensemble du territoire suisse, ces dernières agissaient comme avant-poste. 

Ces lignes de défense étaient constituées de divers ouvrages qui, parfois, rivalisaient d'ingéniosité:
  • Murs antichars 
  • barrages antichars 
  • fortins d’infanterie
  • forts d'artillerie
  • ouvrages minés 
  • magasins matériel 
  • magasins munition 
  • Cantonnements souterrains, abris de troupe
  • positions DCA
  • ...
Avec l'avancée technologique de l'armement (dont l'arrivée des missiles russes filoguidés Sagger durant la guerre froide), le changement de niveau du risque, des conflits, ces ouvrages sont tombés en  désuétude. De l'ensemble de ce réseau (vaste de près de 20'000 ouvrages) ne subsiste plus que quelques ouvrages  encore flanqué du sceau "secret défense" (inutile de préciser que ce blog ne traitera pas de ceux-ci) mais tout le reste est maintenant déclassé, Le déclassement signifie la levée du secret militaire. Mise à part la vente de ces ouvrages aux mains de privés, associations ou musées dans le meilleurs des cas, ils sont démantelés, murés, condamnés et simplement démolis dans le pire des cas. Vous l'avez compris, l'armée ne veut plus "perdre de l'argent" avec ces ouvrages. On dirait que dans la plupart du temps, ils ont honte de ce passé au point de malheureusement effacer toute trace de ce colossal héritage. 


Moi et ces bunkers


Mon tout premier rapport à la fortification remonte à l'âge de 16 ans, Je visite mon premier ouvrage, il s'agit d'un grand classique: le fort d'artillerie de Vallorbe, reconnu pour être le premier fort suisse à ouvrir ses portes au public. Ce qui retiendra ma plus grande intention, c'est le concept du secret et du camouflage de cet ouvrage

A 20 ans, j'incorpore les Troupes de forteresse et effectue mon service militaire (école de recrue et payement de galon de Caporal) en tant que Pionnier de Forteresse. Cette arme étant considérée comme l’infanterie de forteresse,  je ne connaiterais pas l'intérieur des forts mais c'est à cette période que mon envie d'en savoir plus muri, notamment après avoir évolué avec ma section dans le secteur  Follatères et ses innombrables embrasures qui nous dominaient tout au long de nos évolutions. Nous sommes alors en 2002, L'ouvrage des Follatères, comme beaucoup d'autre sont encore classé "secret défense" et sont sur le point d'être désarmé. 

C'est au contour d'une visite régionale durant les journées du patrimoine en septembre 2011 que j'apprends tout à fait par hasard l’existence d'un barrage (un ensemble d'ouvrages servant à barrer un axe) dans ma région. Etant un peu "frustré" de ne trouver que peu d'information à son sujet, je décide donc de partir à la chasse aux informations à son sujet.

C'est en octobre 2011, lors d'une porte ouverte au fort de la Tine que je prends vraiment conscience de cet incroyable patrimoine historique et décide finalement et enfin de partir à la découverte de tout ouvrage qu'il me sera possible de découvrir. 

Je m'équipe alors d'un appareil photo, en apprend les rudiments, me documente sur les innombrables positions et commence a sillonner durant mes temps libre les prés et forêts, puis commence à stocker des images. Il en résulte et nait, en février 2012, ce blog (peut être un jour un vrai site web??)  afin de faire partager ces découvertes, surprises et espère, à mon tour, VOUS surprendre et VOUS faire prendre conscience. On ne sait hélas pas ce que l'avenir réserve à la plupart de ces ouvrages.


Pourquoi recenser des ruines de béton
La raison est simple, que l'on conteste ou non le plan stratégique de l'époque qui lie ces ouvrages parsemés sur l'ensemble du territoire suisse....ces ouvrages n'en restent pas moins un pan de l'histoire de la suisse. Un pan qui relate une mise sur pied d'un réseau qui traverse les alpes, les plaines et parfois même les flots. Ormis l’aspect militaire, regardons aussi l'aspect humain, architectural, et tout le travail de génie qui a été mis en œuvre dans un secret le plus total afin d'ériger ce réduit national. Ce blog n'est pas ici pour faire une morale ou prendre une position, il est juste là pour mettre en valeur certains témoins du passé qui ont joué un certain poids dans la balance de la défense d'un pays. Je retiens à cela l'épilogue tiré du rapport annuel 2011 de l'AC+MH qui résume bien mon état d'esprit:
  
"Nous nous étonnons aujourd'hui encore à la lecture de descriptions ou lors de visite de l'ampleur et du nombre de fortifications construites durant une période extrêmement difficile et pénible. Cela sans parler des efforts physiques  et financiers  qui y ont été consacrés. Mais cela ne doit pas nous leurrer du fait qu'aucun de ces ouvrages ici traités existaient au moment de la plus grande  menace de septembre 1940! Nous avons eu alors la chance inouïe de ne pas avoir eu à payer le prix fort d'avoir délaissé notre capacité de défense. La chance ne nous sera pas toujours aussi favorable. Essayons d'en tirer les leçons utiles, adaptées bien sûr à la situation  des menaces actuelles"
Jürg Keller 
    























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