jeudi 15 juin 2017

Billet d’humeur : La drôle philosophie de l’urbexeur romand


Quand j’ai commencé à « chasser le bunker,» je me suis moi-même dicté d’entrée de jeux des règles assez strictes : 
  • Sur place on ne casse rien!
  • On ne force rien, Si c’est ouvert tant mieux, si c’est fermé, c’est le jeu!
  • L’échange d’informations ne se fait qu’entre « Fortif » de confiance!
  • On pense aux bâtisseurs!  
Ces simples règles d'or ont toujours permis une certaine préservation des lieux, il m’est arrivé de retourner à  nouveau dans certain endroits et de finalement n’observer aucune déprédation notable.  Hormis des démolitions ou comblement effectuées par les propriétaires, eux-même. 

Amoureux des friches industrielles et du passé historique des villes qui m’entoure,  je ne suis malgré tout jamais devenu un Urbexeur pour autant (ou du moins, j’ai pas vraiment l’impression d’en être un, mon esprit humble ne me permet pas de m'autoproclamer urbexeur). Il m’arrive tout de même de le pratiquer, rarement, par accident. Mais, tout de même, j’ai toujours suivi quelques photographes excellants dans la matière! C’est aussi parfois, une source d’inspiration sur les traitements d’images et les principes de prises de vues. L’urbex est pour moi une fantastique source pédagogique  à ce sujet d'ailleurs. 




Mais il est vraiment intéressant d'observer que l'Urbex est régi par quelques règles du jeu autant simples et efficaces que celles que je me suis mises dans mon esprit de "chasse au bunker" (désolé, j'ai pas trouvé un nom plus précis ou technique pour la personne qui se promène en forêt pour trouver un pan de béton érigé par l'armée il y a fort longtemps).  Pour faire simple :
  • Ne rien prendre, à part des photos
  • Ne rien laisser, à part des traces de pas
  • Ne rien tuer à par le temps 

Aurions-nous donc quelques points communs? Il faut croire que oui et ça se confirme dans le terrain puisque il m’arrive  régulièreemnt d’évoluer auprès des bunkers avec des urbex’s confirmés à qui je ne dois pas répéter les régles, je ne suis même pas obligé de les dires tout court !! 



Puis est arrivé en masse, par les vannes grandes ouvertes du net, cette mouvance de l’Urbex «tendance» qui s’est démocratisée à tout va. Avec la problématique du touriste moyen et la divulgation des lieux parfois sensibles ultra rapide qui peuvent créer des conflits au sein des urbexeurs eux-même avec ce débat de la communication des lieux!  Il est de coutume, dans le monde de l’urbex, de ne pas divulguer ouvertement les lieux. En principe, dans le meilleur des cas c’est un peu donnant-donnant : montre moi un lieu, je t’en ferais visiter un ! Mais il arrive maintenant que les as de la communication 2.0 donnant à tout va, de manière ouverte, passablement de lieux abandonnés. En suisse romande, les fondateurs d’une communauté se targuent même d’en faire un petit commerce en vendant des cartes de secteurs !! Bravo !!



Si j’en viens parler d’urbex sur ce blog, alors que je n’en suis pas un, ça n’est pas pour en faire de la pub, et encore moins pour vendre mon âme au diable. Mais il m’arrive de « veiller sur la santé » de  certains lieux qui occupent mes temps creux en faisant quelques passages vers cette communauté romande et il s’avère, entre autre, qu’un ancien fortin a été recensé par ces urbexeurs romands à culottes courtes comme lieu accessible  (« ouha… truc de guedin, on a trouvé un endroit trop fou !!!!  secret, guerre froide, etc etc») !  Un simple petit fortin mitr, connu « fermé » de tout les « fortifs » qui est intégré à un dispositif de barrage à l’entrée de la vallée du Rhône.

Cette semaine, Le Temps a braqué ses objectifs sur 2 jeunes adeptes de cet Urbex "à la romande" dont tim: Maître de cette communauté Romande. Leur mission: boire un petit blanc dans les galeries de ce très cher fortin.

Suite à la lecture de cet article: 3 choses commencent à me chatouiller vraiment (et c’est finalement la raison de cet article):



- La communication du lieu.  Le responsable du groupe «autoproclamé» plus gros groupement d’Europe (...) motive ses actes de communication des lieux par le fait que la plupart de ceux-ci sont rapidement rasés en Suisse, laissant peu de marge de manoeuvre aux urbexeurs "romand". Sur ce point, pourquoi pas, on peut être d’accord! Mais voilà, tous ces lieux ne suivent pas cette règle.  Le fortin en question n’est de loin pas voué à la démolition, encore moins quand c’est un ouvrage sous roc! Et ca n’est finalement pas un lieu abandonné comme un autre! Ces personnes prétextant  des heures de recherche et enquête de voisinage sur les cibles de leur futures visites auraient donc dû tomber sur cet info. La commune est propriétaire des lieux, et je mets ma main à couper que cette acquisition l’est dans un programme de maintient du patrimoine historique militaire. Tentative de maintient clairement sabordé par une personne avide de communication de lieux..

Source: Le temps



Source: Le Temps

Info comparatif:
Urbex france: 11687 membre
Urbex Session: 29262 membres
Urbex People: 13855 membres

Chiffre FB au 15.06.17



- La déprédation : Faite ce que je dis, pas ce que je fais! Les protagonistes d’un soir visible dans l'article en question ont explicitement rétorqué que rien n’était cassé lors de leurs ballades. Je me permet de ne pas être tout à fait d’accord (peut-être même pas d'accord du tout) : 


1 : je suis passé il y a peu sur les lieux en question, pour une petite inspection. J’ai dénombré bon nombre de cadenas scindés au monseigneur dans la zone!  Si peut-être, eux ne cassent rien, leurs disciples, eux, ne se gênent pas !!


Source: Le Temps






2 : Il est intéressant d’observer la torsion effectuée sur les treillis de camouflage, leurs points d'encrage ont d'ailleurs cédés sur les 3/4 des fixation supérieur du portique. Cela me rappel un billet d’humeur évoqué en 2013 ! Hormis de faire le "cultivé" devant l’objectif, je ne vois pas à quoi mène cette action: on pourrait penser à un repérage de la prochaine porte? Même pas puisqu'une fois le cadenas ouvert, l’article se clôt sur le fait que l'équipé s’est retrouvé fasse à 3 autres nouveaux verrous fermant la porte suivante !!

Source: Le Temps  ©Dom Sam.

Un portique encore magnifiquement conservé il y a peu!

- Déprédation (bis) Les disciples urbexeurs romands sont finalement de piètres graveurs/tageurs. Alors encore une fois, l'artiste en questions n'est pas l'autoproclamé chef de l'urbex romand, peut être même pas un urbexeur tout court, mais la publication d'un lieu amène son lot de petite vermine. J'ai eu la chance de visiter passablement d'intérieurs restés ouverts depuis des lustres, jamais... jamais je n'ai eu la possibilité d'y retrouver graffs et tags (ou alors fait par le fils du paysans du coins... et au charbon) 

Ces 3 observations me motivent finalement dans le fait de conserver ma ligne de conduite dictée par mes 4 régles d’or notamment l'échange d'information! Alors oui, messieur les urbexeurs romands, des ouvrages tel que celui-ci,  Il en existe encore des centaines et des centaines. Et non, rien ne sera communiqué sur votre groupe ou à l’un de vos membres physiques ou virtuels, proches ou éloignés en vu de ce qui peut arriver à ces lieux, on préfère les préserver.


Si la publication des friches et bâtiments a toujours fait débat, un minimum de bon sens doit prévaloir. Je suis tombé il y a peu sur un article de Pierre Henri Muller qui traite de la localisation et qui remet simplement l’église au millieu du village. Le modérateur de cette communauté d’urbexeur romand peut toujours aller apprendre le métier à Pierre Henri Muller, mais gaffe au retour de manivelle.

Urbexeurs Romands, partez du principe qu'AUCUN ouvrage militaire est à l'abandon. Soit il est en main de la confédération, soit il est en main d'une association, soit il est en main d'une commune ou d'un privé. Si il est équipé, le fait de communiquer son lieu fait simplement de vous des pilleurs (historique ou archéo, c'est comme vous le sentez). Il est simple de savoir si un ouvrage militaire est abandonné:

soit il est détruit:



 soit il est comblé, enterré:








Soit il est soudé:








Soit il est trop vieux: 






Donc s'il vous plaît, j'appel au simple respect de ces lieux!  Ce ne sont pas des friches industriels, Ils ont bien un passé, ils sont certes leurs ambiances, mais ça ne mérite pas la moindre déprédation. Evitez donc la communication ouverte des localisations des ouvrages militaires ce qui évite un flot de malveillance  Il serait peut être plus intéressant de discuter aves les propriétaires effectifs des lieux, dont je suis quasi certains, qu'après discussion les portes s'ouvrent avec plaisir!! 


Je termine ce petit billet d'humeur sur quelques liens (parmis tant d'autre) que je suis régulièrement et qui traitent de cet univer magnifique qu'est l'urbex. je tiens à préciser que je ne mets pas TOUT les urbexeurs romands dans le même tas!! Il y en a des très bons et des très discrets dont j'ai la chance de côtoyer! Bravo à eux!!







lundi 5 juin 2017

Omi de Cheyres (Fribourg)

Petite ballade en surplomb du lac de Neuchâtel aujourd'hui afin de vous faire découvrir un petit Ouvrage Miné.




l'OMI de Cheyres avait pour mission de détruire 60 mètres de tronçon routier en courbe présent sur la route cantonale, à mi-chemin entre Font et Cheyres. Un endroit raviné équipé d'un large mur de soutènement en pierres, permettant le passage de la route. 




Si sa configuration n'a pour ainsi dire aucun intérêt ou n'en ressort aucune subtilité. C'est sans doute de par sa situation dégagée et en courbe que cet Omi recèle quelque chose d'intéressant.  Clairement visible des conducteurs, il est en quelque sorte une icône de l'ouvrage miné de la régions romande. 



Vidé de tout explosif il y a maintenant quelques années, l'ouvrage conserve encore son escalier et sa passerelle d'accès. Les portes des chambres de minage étant toujours présentes, il est donc possible de pouvoir encore observer cet ouvrage dans sa quasi totalité... intact. 












Mise à jour dans les années  70, il est toujours possible d'observer les niches à explosif de l'ancien système, visibles entre les portes des nouvelles chambres de minages. 


Si les canaux pour cordeaux détonants ont été retirés, j'imagine, en même tant que le démantèlement des charges, le puits d'allumage fait également faux bond. N'ayant retrouvé aucune trace de celui-ci sur les 2 extrémités du dispositif,  il n'est pas à écarter qu'il peut être gobé par la végétation relativement danse du secteur en ce moment. 


Vous verrez donc d'un autre oeil cette petite portion de route quand vous y passerez dessus, n'est-ce pas? 










lundi 29 mai 2017

Ce satané timing..

Bonjour à tous.. 


Un tout (mais alors) tout petit article, pour vous informer que pour le moment je préfère prendre le peu de temps que j'ai a ma disposition pour être dans le terrain, ce qui ne me permet pas de mettre sur pied des articles intéressant et complet dans un immédiat, beaucoup de dossier son "ouvert" mais non ficelé. Afin de tenter de vous faire patienter un moment voici un compte rendu de 15 seconde (...) d'un travail effectué ce dimanche. 




Merci pour votre patience et à tout bientôt :-)! 



lundi 15 mai 2017

Un nouvel outil dans le sac

Il arrive parfois que nous revivons des choses avec des yeux d'enfants et quoiqu'on en dise, même à notre âge on reste émerveillé  face à certaine chose parfois futile! 

Après mûres réflexions et longue attente j'ai enfin reçu, cette semaine, un petit objet qui va m'être utile dans bien des situations et bien des articles.  Un objet permettant de voir les choses sous un autre angle. J'avais juste envie de vous l'annoncer comme ça, comme un regard d'enfant ;-)!! 


D'un poids de 800gr, ayant un volume extrêmement réduit une fois replié et fournissant des fichiers images brut de capteur (RAW pour les initié). Ce drone répond complètement à mes exigences recherchés et sera un complément d'une force redoutable à nos appareils photo traditionnels. 

Il ne me reste maintenant plus qu'à driller cette machine pour en sortir le meilleur d'elle même!!

L'arrivée de ce matériel coïncide également avec le retour dans le terrain de ma personne début de saison oblige ;-). Quelques lieux sont déjà en parti ficelé et en court d'achèvement, d'autres sont prévus, et quelques surprises sont susceptible de vous attendre tout au long de cette année 2017. Je me réjouis! 

Encore merci à vous, lecteurs, de me suivre tout au long de ce blog et belle saison fortifications 2017 à tous!! 






 


lundi 17 avril 2017

Mise à jour: Fortin des Marches A1760



Avec l'arrivé du livre "Lumière! Chauves-souris du Canton de Fribourg" en mai 2016. Un tout petit levé de voile se fait sur un petit secret que l'ouvrage des marches renfermait encore!  Pour en savoir plus: redécouvrez une nouvelle fois cet article rédigé en 2012 et surtout son dernier paragraphe. Bonne lecture!

samedi 8 avril 2017

Les Omis de La Veveyse 1: Pont de pierre Ecublens (FR) - Rue

Même si ce district ne comporte pas une densité incroyable de gros ouvrages d'art, la rumeur court sur le fait que chaque pont de la Veveyse se serait vu équipé d'un Omi. Petit, grand, large, étroit, routier, train,... la densité d'ouvrages minés présents dans ce district serait tout bonnement intéressante. 

J'ai donc décidé de vérifier cette théorie et de partir tout au long de l'année à la découverte de ces ouvrages (ou des traces encore visible, pour autant qu'elles le soient toujours...) et de vous les présenter sous forme d'articles flash rassemblés dans un dossier nommé Les Omis de la Veveyse. 


C'est un petit pont de pierre routier enjambant la Broye entre Ecublens (Fribourg) et Rue qui va ouvrir ce dossier. 


N'ayant pas trouvé un nom particulier, ce pont révèle plusieurs génération de minage, encore visible de nos jours. 




Minage de type L (antérieur à 1970) 


Chacune des culées du pont est équipée d'une chambre de minage maintenant condamnée et murée. Si il est difficile d'observer sa  présence sur la culée "Rue", elle est nettement plus évidente et clairement identifiable sur la culée "Ecublens".
Rive Ecublens: La présence d'une main courante, descendant sans but vers le bord de la Broye pour déboucher dans le vide est sans aucun doute un accès condamné à la chambre de minage de la culée Ecublens. Un pan d'enrobage en béton maintenant décolé du pont permet de mettre à jour une ancienne rampe d'escalier et permet de comprendre que le l'accès au pont s'est vu élargi dans les années 80.   
Le pilier centrale de l'ouvrage a peut-être reçu également une niche de minage. Si celle-ci n'est plus visible, il se pourrait que son accès s'effectuait par une échelle composé de barres scellées dans la pierre.   En tout les cas il est certain qu'une échelle à été implanté eun temps sur ce pilier, les traces sont encore observables. 


Une des anciennes niches de minage est clairement identifiable


La seconde l'est nettement moins

Quand à la niche du pilier central... aurait-elle pu être accessible
par une ancienne échelle scellée à même la pierre à gauche du renforcement? 



Cette main-courante n'est maintenant plus utile à qui que ce soit




Mais à une certaine époque, elle assurait une descente d'escalier bien mystérieuse.. 




Minage de type R (Guerre Froide)


Passé les années 70, ce pont aura reçu 3 puits de minage remplaçant le minage de type L . Encore présent il y a quelques années les puits ont maintenant été comblés, Il est toujours possible de deviner leur emplacement respectif. A en croire le piquetage présent sur le tapis du pont, Il se pourrait que le tablier, surveillé, passe un jour par la case "renforcement", les comblements de puits ne seront donc plus visibles après cette opération. 

Le PMA, quand à lui, à également été retiré lors de cette opération de comblement. Si plus aucune trace ne peut trahir son ancienne position, c'était à la base de la culée Rue, en aval du pont qu'était implanté ce PMA. 



En 2014, les puits étaient toujours en place... 


...tout comme le PMA.



...également maintenant supprimé!