mardi 20 septembre 2016

Position de Morat: Kleingurmels

On attaque ici  l'ultime défense, la plus au sud, de la position de Morat: Klein Murmels. Construit entre 1940 et 1942 , appuyé par la division mécanisée 1 (comme l’ensemble de la lignée), ce barrage a comme mission de barrer l’accès ouest-est matérialisé par la route cantonale se trouvant au centre du village.  

Kleingurmels est matérialisé par la ligne de barrage bleue

























Le barrage se compose d’un ouvrage principale, d’un second ouvrage que je peinerais à qualifié de contre-ouvrage et d’un barrage antichar.

A1241



D’une construction complétement classique,  ce bunker est donc un frère jumeau de ce qu’on retrouve énormément dans les secteurs de plaines Fribourgeois et Bernois. 

On retrouve donc un étage supérieur de combat renfermant un canon antichar (4,7cm puis 9cm dès les années 50), une mitr et un Obs. L’espace de vie se trouvant comme à son habitude au sous-sol.



On retrouve dans le SAS d'entrée de l'ouvrage du matériel de barrage qui,  à mon avis ne devait pas être à l'origine à cet endroit. Si ce matériel devait certes barrer la petite barricade toute proche son stockage devait se faire dans une petit dépôt matériel aux allures de baraque nomade. 












A1242

Comme je le dis plus haut, je peine à qualifier de contre ouvrage ce A1242. Sa fenêtre de tir tendant plutôt à s’orienter en direction du barrage anti char et de combattre les angles morts de A1241.  On retrouve donc ici une posititon pour Mitr sur affût de campagne et une embrasure pour FM/Obs. Son entrée s'effectue par un puits vertical se trouvant à l'arrière de l'ouvrage.







Une petite particularité lie ces ouvrages A1241 et A1242 : sa galerie! Et oui, Il s’avère qu’une galerie communique entre ces 2 ouvrages, c’est une 1ère particularité et c’est ce qui me réconforte dans l’hypothétique thèse de «l’ouvrage à angle mort».  Seconde particularité: Malgré la galerie qui les lie chacun à son numéro d’ouvrage. Comme si l’un et l’autre n’était pas connecté! Ce qui peut tenir la route, puisque  la galerie pouvait être verrouillée à l'aide d'une grille rendant ainsi la communication entre les deux ouvrage impossible.  





Le barrage

Mise en place dans une zone géographiquement escarpée et mesurant 180m, ce barrage antichar joue avec la pente naturelle de la zone. Il est composé d’un fossé, d’un secteur supérieur d'une quadruple rangée de dents de dragons disposée en arc de cercle et de quelques blocs parsemés sur la section inférieure du fossé. Le mur se jetant au final dans une forte pente, la montée des eaux de 1962 du nouveau lac de Schiffenen ne mofifiera par la configuration de cette barricade.













mercredi 31 août 2016

Une petite envie de visite?

C'est bientôt le mois de septembre et les journées du patrimoine qui vont bien avec. Si cela n'est pas une véritable tradition,  bunkers et fortins sont souvent de la partie. Cette année ce sont les fortins Du Colliard, gérés par fortins-jura.ch, qui s'y collent en ouvrant leurs portes aux curieux. 

Bonne visites!! 




 

mardi 9 août 2016

Schiffenen, Omi de l'ancien pont


On va parler dans cette article d'histoire et anecdotes. Aujourd'hui je vous amène en direction d'une région qui, dans les années 60 a fortement changée et autant bousculé les habitudes que les habitants... à tout jamais. 

Je vais aussi faire appelle à votre imaginaire, il en faudra un peu, et peut-être qu'à certains d'entre vous, des souvenirs au sujet de cet endroit émergeront. 

Jusque dans les années 60, les plaines de Schiffenen étaient creusées et accueillaient les méandres de la Sarine.  On y trouvait entre autre les Bains de Bonn, quelques fermes, hameaux et au lieu-dit "Schiffenenau," entre Schiffenen et Grimoine s'y trouvait un pont qui permettant à la route principale d'enjamber la Sarine et d'assurer le passage sur l'axe Guin (Düdingen) - Morat (Murten). 

Le petit pont de Schiffenen (Source: www.schiffenensee.ch)

Toute cette petite plaine va être bousculer à partir de 1958 lorsque le conseil d'administration des Entreprises Electriques Fribourgeoise approuve la construction d'un titan: le barrage mi-voûte/mi-poids de plus de 300m qui prendra racine au nord du village de Schiffenen. Il faudra à peine 6 ans pour que ce colosse de béton naisse et innonde à tout jamais cette plaine.

1960 vs 2010





Ce qui va nous intéresser tout particulièrement aujourd'hui, c'est bien évidemment le pont cité un peu plus haut. Ce petit ouvrage d'une longueur de 65m. permettait à la route principale venant de la plaine d'aller s'agripper au pan de molasse de la rive opposé et de remonté en direction de Klein-Gurmels. 

(Source: www.schiffenensee.ch)

Inutile de vous préciser que cet ouvrage était bien évidement préparé au minage. Le pont n'était pas d'un gros gabarit mais son rôle de passage étant important dans la région. L'armée l'avait donc bien sous son aile. 

En 1963, alors que la montée des eaux commence doucement et que la nouvelle route remplaçant le pont et passant sur le barrage est maintenant ouverte, l'armée va profiter de la mort annoncée de l'ouvrage pour y effectuer un exercice de minage avec un détachement de destruction (ou du Génie), les Pionniers de Forteresse n'existant pas encore à cette époque

Pour mener à bien cette mission, le pont sera donc détruit à l'aide des niches de minage d'OMI de type L dont le pont est équipé et selon le concept de minage déjà présent sur passablement d'ouvrage en suisse.

Dans le cas présent, des charges disposées dans le pilier centrale permettent de le détruire et d'autres charges scindent le tablier au premier et dernier quart du ce dernier. La quantité de charge est optimisée et l'ouvrage efficacement détruit. J'estime à une 1/2 journée la préparation de l'ouvrage à la destruction. 

Vous observez sur cette image, la présence des passerelles de minage 
Provisoires, elles sont posées ici soit pour un exercice ou alors
peu avant la destruction programmé du pont
(Source: www.schiffenensee.ch)

Si on m'a conté l'existence d'une vidéo tournée pour immortaliser l'exercice (et utiliser à des fins d'instruction... me semble-t-il). Quelques photographes étaient également présents sur place pour prendre un portrait du condamné à mort. Les Mülhauser en faisaient bien sûr parti! Et grâce à leur patrimoine cédé et visible à la BCU Fribourg, il est possible de mettre des images sur mes paroles. car bien évidement, il n'est plus possible, de nos jours, de pouvoir observer ce pont dont les probables ruines se trouvent sous 30m d'eau.  

Fond Mülhauser (Source: BCU)

Fond Mülhauser (Source: BCU)

Destruction vu depuis la rive Grimoine
Fond Mülhauser (Source: BCU)

Destruction vu depuis la rive Schiffenen
(Source: 
www.schiffenensee.ch)

Il est encore possible d'observer le tronçon de l'ancienne route sur chacune des rives et le haut d'un pan de molasse significatif matérialise l'emplacement du pont. Il est clairement visible et reconnaissable

Ce pan de molasse dont on devine le haut est clairement visible depuis la rive opposée




le point rouge détermine la localisation de la prise de vue sur 
cette carte de 1960. On constate la dépression dessiné en bout de pont 
(rive Grimoine) sur la carte qui matérialise la masse de molasse

Ancien tronçon de route, rive Schiffenen. 



Ancienne route matérialisée par la ligne rouge 

Ancienne route matérialisée par la ligne rouge

Ancienne route matérialisée par la ligne rouge


Ancien tronçon de route, rive Grimoine. 


On devine sur la droite de l'image, les restes du bord d'asphalte gauche
dans l'ancienne route principale 

le point rouge détermine la localisation de la prise de vue sur 
cette carte de 1960.



lundi 18 juillet 2016

Epagny - Omi du Pont sur la Trême

Construit en 1912, ce petit pont routier enjambant la Trême sur l'axe routier Epagny - Broc se sera vu "mis à jour" en 1950. une mise à jour offrant à ce pont son élargissement et un OMI avec la mise en place de 2 chambres de minage. Comme le veut la "tradition", une dans chacune des Culées. 



Le trafic grandissant et les exigences sécuritaires de l'équipement routier devenant de plus en plus strict, le pont ne répond plus (du tout) aux normes en vigueur. Il est grand temps de le remplacer! 

Si j'ai eu entendu parlé de la présence d'un OMI sur ce pont, je vous avoue n'avoir pas assez étudié de trop près l'ouvrage que j'ai naïvement classé dans le  dossier des "ancien petit pont" déjà miné avant guerre et dont ceux-ci ne recel plus la moindre trace de minage (comme c'est le cas avec les ponts de Belfaux, Misery, ou encore La Sonnaz (quoique pour ce dernier, son arche en Tuff de 1892 doit encore être "expertiser"))... Petite erreur d'appréciation de ma part, Mea Culpa! Un rapide coup d'oeil de l'autre rive sur laquelle je passe régulièrement n'aura pas suffit pour éveillé mes soupçons.  Je ne comprends pas ne jamais avoir vu l'accès au puits côté Broc, n'étant pas si discrète que cela finalement. 

... et quand je dis que c'est pas discret... 

Les travaux préparant le terrain du nouveau pont ayant maintenant commencé , je vous avoue qu'il est maintenant beaucoup plus facile d'analyser le pont et son minage! Si ce pont va disparaitre tout soudainement, il doit encore rester opérationnel tout au long des travaux. Donc il m'a encore été possible d'étudier le pont avant qu'il ne soit vraiment trop tard (pfiou)!

Une fois le ménage fait sur les rives.. la donne change!

On retrouve ici un ouvrage de type L,  les chambres ne contenaient pas d'explosif en permanence mais simplement des niches permettant à la troupe d'y déposer les explosifs. L'accès à ces niches se faisaient par une toute petite galerie accessible par un flanc de chacune des culée.

La chambre n°1 se trouve sur le côté "Epagny". Plus présente  de nos jours, l'accès à cette chambre était équipé d'une protection contre les hautes eaux. On en devine encore aujourd'hui les rail permettant d'y glisser des poutrelles de béton ou de bois permettant de stopper l'eau eu cas de cru. Une protection que devait être bien utile puisque la quantité de limon présent à cet endroit confirme que la montée des eaux n'est ici pas si anecdotique que cela. 
Une fois passé ce rempart, on se retrouve dans un petit espace donnant accès à la porte de la galerie menant à la niche de minage. et à une échelle scellé dans le un mur menant à un niveau supérieur. Il se pourrait (c'est à confirmer) que ce niveau supérieur devait renfermer le matériel de bourrage (briques et sables) permettant de combler les niches une fois l'explosif mis en place.


















Nous devinons bien la section droite du tablier plus récent que le reste de l'ouvrag

La chambre n°2, quand à elle se trouve sur le côté "Broc". Je n'ai pas retrouvé la présence de canal pour cordeaux communiquant entre les 2 chambres, mais y ai trouvé une partie de ce tube au niveau de la chambre n°2. Pas de présence de PMA non plus, mais il est fort possible qu'ici, c'est un simple petit boitier d'allumage devit assurait ce travail. 











Détail du tube d'introduction du canal pour cordeau détonnant 

Arrivé un peu sur le tard, la devanture de cette chambre visible sur la première image de cet article est maintenant démolie. On y retrouvait la même porte en Fibrociment que celle encore présente sur la chambre 1. Ce qui n'est plus possible de voir dans la chambre 1 à cause de l'amoncellement de limon l'est par contre ici: le fond de cette petite galerie est équipé d'un petit puits au sol profond d'environs 100cm permettant la pose des explosifs. 



Les briques de bourrages sont en fait présent, ici, sous l'eau trouble. 



Les restes de la devanture sont par contre encore sur place!