dimanche 2 mars 2014

Fribourg - Ville de Ponts, ville d'Omis?



Connu et reconnu en tant que ville de ponts, il était logique que je prenne le temps d'aller étudier les ouvrages d'art qui enjambent la Sarine afin de voir si la grande muette a transformé les icônes de Fribourg en pièges. 

Le verdict tombe en toute logique: sur l'ensemble des 11 ponts de la ville de Fribourg, 6 étaient clairement minés et comportent encore des traces de leur passé militaire. 3 autres sont soupçonnés avoir été miné si l'on se fie à la doctrine de l'époque mais ne comporte de nos jours plus la moindre trace de  minage, les 2 derniers n'avaient pas d'importance stratégique ou construit après cette politique d'application du minage permanent. 

Pour cette visite, nous allons au point le plus en aval de la Sarine et allons la descendre petit à petit.

Le Pont la Glâne
Si il n'existe à ce jour plus la moindre trace physique d'Omis sur cet ouvrage, c'est dans les archives papier que l'on y retrouve des bribes.  L'omi qui équipait ce pont à été liquidé dans les années 80. 

Le Pont de Pérolles


Doté d'un tablier de 550m soutenu par 15 piliers, le pont de Pérolles n'est pas un petit gabarit. Sur cet ouvrage, on relève des accès visibles  aux pieds des piliers. Leur répartition est un peu aléatoire:  parfois ces accès se présentent à chaque pilier, et d'autre fois tout les 2 piliers. Bien évidemment, certains d'entres eux sont militaires. 

Ces issues visibles aux pied de ces piliers sont clairement militaires: 
Entrée n°3 du pilier Oratoire 

Entrée n°4

Entrée n°5

Entrée n°6

Entrée n°7

L'affectation des autres issues sont plus floues: elles peuvent être militaires, mixtes (militaire, et technique, souvent reconnaissables par un double cylindre) ou purement civiles: 
Entrée n°1

Entrée n°2

Entrée n°8

Chose intéressante, le minage s'effectue (manifestement) sur les points les plus élevés des voûtes. Juste au dessous du tablier. Les accès aux pieds des piliers ne débouchent donc pas directement sur la chambre de minage mais sur les réseaux d'échelles menant aux puits de minage installés en conséquence parfois à 80m au dessus du planché des vaches. 

visible dans la vidéo concocté par Grimper.ch, voici l'intérieur du
pilier "Oratoire". L'échelle permettait à la troupe d'accéder au sommet des voûtes. 

 Il est donc tout à fait concevable de penser que le réseau de canal pour cordeaux détonnant communiquant entre les divers puits longe tout au long du tablier, au sommet des voûtes 

Autre point remarqué, c'est l'ensemble de l'ouvrage qui  aurait été détruit. Certains accès étant équipés de tube débouchant sur l'extérieur (notamment dans le pilier "Oratoire") il n'est pas impossible de penser qu'un schéma de destruction partiel pouvait être déployé.

L'entrée 3 (ici présente) et 6 sont équipées d'un tube
débouchant sur l'extérieur


Le pilier "Oratoire"

Ceci étant dit, aucune présence de PMA n'est observée. Il n'est pas impossible du tout que c'est une des chambres présentes aux extrémités qui pouvez renfermer le poste d'allumage.

Malgré toutes ces observations, il n'est pas évident ici de cerner le shéma exact du minage. Il faudrait pour bien, se promener dans les divers piliers pour définir exactement quelles sont les "FEUX" issues militaires exactes et le nombre de puits exacte qui assurent le minage de cet OMI.


Le détail du béton découpé "par la suite" au disque et la porte muni d'un double cylindre
confirme un utilisation militaire... 



Une passerelle  et échelle similaires à celles qui se trouvaient au viaduc de Grandfey 


Le Pont de La Motta


 Un accès pouvant se faire par Montorge annule en quelque sorte la présence d'un omi à cet endroit. Même si le pilier central accuse un travail de maçonnerie récent qui pourrait laisser supposer la présence d'une chambre à cet endroit.


Ce travail de maçonnerie pourrait murer une chambre, mais impossible de confirmer
son origine militaire 


Le Pont St-Jean

Aucun signe de minage se trouve sur se pont. il n'est pas impossible que le chantier de renforcement effectué en Juin 1988 a fait disparaitre les éventuels puits.


Image du chantier de Juin 1988 (mes remerciements vont à Madame Déforel pour le prêt de ces images) 


Image du chantier de Juin 1988 (mes remerciements vont à Madame Déforel pour le prêt de ces images) 



Image du chantier de Juin 1988 (mes remerciements vont à Madame Déforel pour le prêt de ces images) 



Le Pont du Milieu

Ce pont présente les même "symptôme" que celui du Pont de St-Jean. Aucune trace de minage. Attention néanmoins au observateurs: des puits sont bien présents, mais il s'agit de puits prévu à des effets civils


Le Pont de Berne


Le puits de relais présent devant le pont (rive "place St Jean") trahi la présence d'un ancien minage à cet endroit.  



De plus, la mise en place de ce puits (estimé aux environs des années 1970) correspond au retrait d'une passerelle de service se trouvant sur le pilier centrale de l'ouvrage. Une passerelle qui devait sans aucun doute permettre l'accès à une niche de minage emménagée sur ce pilier.  



Sous le puits de relais, se trouve un boitier qui ressemble à un boitier de relais (visible dans la voûte du passage piétons passant sous la route). Aucune trace d'un puits de charge n'est maintenant visible à cet endroit.




Octobre 2016
Les travaux observés tout proche du pont durant ce mois d''octobre 2016 me font penser que le puits vit ses dernières heures. Cette impression est confirmé fin octobre. Le puits n'est maintenant plus visible et laisse place à une nouvelle zone pavé renouvelé.  






Le Pont du Gottéron

Tout proche du Pont de Berne, le Pont du Gottéron était miné. Et plutôt 2 fois qu'une. Il est intéressant de s'y approcher un peu.


A quelques mètres de sommet des arches, on peu distinguer de part et d'autre de celles-ci ce qui pourrait s'assimiler à des échelles.



Il s'agit en fait des bases scellées dans le bétons qui permettaient d'y visser les rails pouvant acceuillir les divers charges V.  En regardant de plus près, on observera encore la présence de gonds qui sont en fait les points d'encrage des échelles/échafaudages mis en place en temps voulu pour la pose des charges par la troupe. Cela va même plus loins puisque les barrières de sécurité amovibles encore visibles sont celles de l'armée.


Ces rails étaient présent sur chaque coté du sommet des arches .  On retrouve également ces installations identiques de rail  à la base de chaque arche. Les charges V agissaient comme ciseau et scindaient les arches de section carrés en  béton. 






Ce dispositif de type L fût ensuite mise à jour en Type R. Sur la rive "Schönberg", 3 puits de charges ont été emménagés dans les fondations de la voûte et les bases naturelles les supportant. Le PMA agissant comme centre névralgique et assurant la mise à feu est toujours visible. 





Le PMA visible ici en 1er plan...


Le PMA surplombe de peu les 3 puits de minages dont on devine ici
 2. L'un à gauche et l'autre au centre


Quand les anciens systèmes côtoient les nouveaux...






Cette image d'archive révéle la présence de passerelle à la hauteur des rails de charges V

Mai 2014:
Agendé depuis longue date, la "liquidation" de l'OMI du pont du Gottéron s'est fait cette fin de moi de mai 2014. Si de l'extérieurs rien ne change par rapport à avant, les entrailles du dispositifs ont maintenant été supprimée. Ce travail comprend le retrait des explosifs, du matériel éventuel de bourrage et des structures internes des puits de minage et du puits d'allumage. Le pont du Gottéron était l'un des derniers pont du canton à renfermer encore son minage. 


Quelques jours avant le début des travaux le passage à été fait... 

....pour la pose du monte charge



A ce moment là, les 3 puits de minage sont clairement visible. 

Sur place, Un "bouchon" du dispositif était visible. Le but ce cet élément était de scellé
 la partie explosif de l'extérieur. Un canal visible sur son flanc permettait la pose de la sonde humidité et son sommet permettait la pose de la plaque de codage posé par la troupe et
 qui permettait de visser le corps détonnant

Détail croquant: aux scellés du bouchon été adjoint des billes d'acier. Leurs rôles étaient de
casser tout outil ou burin si une personne aurait voulu retirer le bouchon...  




Le Pont de Zaehringen

L'intégration du minage passe clairement inaperçu. Ce que le passant peut prétendre à des portes de service pour le pont lui-même sont en fait des chambres de minage. Pour rendre la chose un peu plus fourbe, cette installation ne se trouve pas au sommet de l'ouvrage, mais bien évidement aux pieds de celui-ci.


 C'est donc par le chemin des Archives et au niveau du petit pont "sous le grand" qu'on accède à cet omi. On retrouve ici 4 chambres de minage, 2 puits de relais disposé dans les 1er et second piliers "Sud ouest" de l'ouvrage.




Octobre 2016: 
C'est lors d'une promenade dans le secteur que je m'aperçois que  le 3ème pilier était également équipé de "quelques chose". En l'état actuel: impossible d'en savoir plus mais la taille et la disposition de cette chose rebouchée laisse vraiment penser que du minage devait également être présent dans ce pilier. Peut être des niches de minages de type L présent avant la mise en place du nouveau dispositif?






le PMA, ou du moins le poste d'allumage, se trouve lui légèrement en retrait de l'ouvrage.



Cette installation aurait mis à mal les 2 piliers (rive "cathédrale") et fait effondré la moitier du pont en cas de mise à feu. 



Pont de la Poya

Il aurait été érigé 10 ans plus tôt, il aurait sans doute eu sa place dans cette article ;-)


Viaduc de Grandfey 


Ce grand viaduc d'acier construit par l'entreprise Scheider mesurant 400m de long et 80m de haut a ensuite été utilisé comme un gigantesque squelette de fer à béton lors de l'électrification de la ligne et du bétonnage de l'ouvrage dans les année 20. Bien évidemment, cet ouvrage était miné. 


Les charges étaient placées dans les Piliers 2 et 3. Chacun de ces piliers abritait 3 chambres de minage dispersées sur 2 étages. L'ensemble du dispositif ainsi que les échelles d'accès et les passerelles ont été retirés en 2012, Aujourd'hui seul des traces de chambres murées trahissent la présence de cet ancien dispositif. 

le système d'imagerie 45° de Google rêvéle au grand jour l'installation
du Viaduc de Granfey sur les piliers 2 et 3 

le pilier 2 tel qu'il est aujourd'hui...

... et son voisin le 3
.... et tel qu'il étaient équipé à l'époque 
(jaune = échelle / vert = plateforme / bleu = Canal cordeau) 
le triangle orange matérialise un support de poulie (monte charge) 




Un cliché fait par M. André Baechler
(que je remercie sincèrement pour l'autorisation de l'intégration de celle-ci dans cet article)
fait le 2 avril 2012 arbore encore les installations de minage.  
C'était un mois avant la liquidation de l'ouvrage.  (http://www.a-baechler.net)







Le tout était relié par des chambres de relais au sol, il est probable que le dôme de béton brut que l'on perçoit tout proche de là dans le sol, à une distance médium entre les 2 piliers eu été la position du PMA




L'entreprise devant démanteler ces éléments s'est trouvé face à des complications lors du retrait des explosifs. La grande nacelle devant accéder aux chambres perchées à près de 30m du sol s'enfonce dans le sol sablonneux de la zone. Toute une place a été créé pour stabiliser le terrain afin que tout puisse se terminer dans de bonnes conditions. Cette place, matérialisée par la présence de gravier est toujours en place à l'heure qu'il est


Les traces  du terrassement sont toujours visiblesde nos jours 



Pont  de la Madeleine

En parallèle au Viaduc de Grandfey, 1km en aval à ce dernier, l'imposant ouvrage autoroutier était aussi préparé à la destruction. 

Le départ du réseau de minage se fait tout proche de l'Ermitage de la Madelaine, Le local à accès mixte (militaire et Ofrou) renferme le point de départ du minage et il n'est pas impossible qu'il renferme un poste d'allumage.




Cet endroit est le point de départ du minage, un 1er minage se trouve dans la pente dans lequel les bases supportant le tablier sont posés. On devine les divers passages pour accéder au puits et les canaux à cordeau. 








Le réseau de minage continu le long du tablier équipé de 2 passerelles pour plonger ensuite dans les 4 piliers centraux. Les Charges sont ici mises en place via un monte charge, Des chariots étaient utilisés sur les passerelles pour transporter les charges. 









la troupe pouvait également passer par la base du pilier qui possède des accès.  En cas de destruction, c'est l'ensemble de l'ouvrage qui été démoli. La fondation sur lequel repose le tablier sur la rive "Fribourg" renferme aussi un local, mais celui est juste technique et serre de liaison entre les 2 passerelles. Aucun puits n'est présent    de ce coté. 

 C'est sans doute le plus vaste Omi de la région de Fribourg.  








dimanche 9 février 2014

"Le faux Scandale de la P-26" .... quand les services secret frôlaient nos murs....



La fin de la lecture de l’ouvrage écrit par le journaliste et historien Martin Matter « Le faux scandale de la P26 et les vrais préparatifs de résistance contre une armée d’occupation » coïncide  avec l’invitation d’un camarade "fortif"  à aller visiter le fort de Krattigen. Même si il est relativement facile de s’imaginer certains éléments décris dans ce livre, il est toujours intéressant de retourner sur un lieux «historique» et d'y pouvoir s'inspirer et imaginer ce qu’il s'y est tramé en ces lieux jadis! Du moins, je suis une personne qui fonctionne ainsi et cela me permet ainsi de faire d'une pierre, deux coup: Une présentation de ce livre et de l'ouvrage de Krattigen.

Si vous avez déjà lu le petit article que j’ai rédigé sur la P-26 à l’époque, la question ne devrait pas vous traverser l’esprit  mais pour les autres, il serait facilement compréhensible de se dire «mais pourquoi parler de la P26, une organisation résistante secrète, sur un blog traitant des ouvrages militaires suisse de la seconde guerre ?»  Et bien c’est une bonne question :

 Une question qui ne va pas rester sans réponse puisque les membres de la P-26 suivaient leurs instructions dans des ouvrages du réduit national réaffecté et préparé à cet effet à Gstaad et à Krattigen

Un des blocs de combat de Krattigen, il renfermait initialement 
un des 3 canons 10,5cm de la batterie

"Le 1er cours eu encore lieu dans un ancien fort d'artillerie
au-dessus de Faulensee, Au Rosengarten, qui puait
abominablement. Lorsque je rentrais  à la maison après
2 ou 3 jours, on me demandait où j'étais allé"

Le stockage du matériel prévu pour les membres de la P26 se faisait quand à lui également dans d’anciens ouvrages du réduit qui se trouvent dans les régions de St-Maurice, de Stilli, de la Pleine de la Linth et à Gordola



L'une des  "cabanes"  qui stockaient le matériel utile à la P26



avec des détail qui ne trompent pas... 




....




De tous ces ouvrages, seul l’un d’eux est officiellement ouvert au publique, il s’agit de l’ancien fort d’artillerie de Krattigen. Un bel endroit qui renferme le passé d’un fort d’artillerie reconverti en l’un des 2 centres de formations de la P26.  Un endroit qui se mue gentiment en Musée.


La conversion concrète d'un ouvrage d'artillerie en centre d'instruction se traduit par  la
transformation d'un pot d'embrasure... en pot d'échappement  des moteurs du
groupes électrogènes!! 


Mais en fait, c’est quoi cette « P26 » ?

Afin de mieux cerner  l’ambiance et la compréhension de cet article, je vous résume cette organisation (et sans tout vous dévoiler, bien entendu...) et pour cela il faut revenir quelques années en arrière ; plus précisément dans les années 70 en pleine guerre froide. C’est à ce moment qu’une «armée secrète» nommé P26 (P = project / 26 = le nombre de cantons suisse) se met en place et relaie le défunt «  service spécial ». Cette armée résistante devait pouvoir organiser des actes de déstabilisation psychologique, sabotages envers le pouvoir occupant et pouvoir renseigner et communiquer avec le gouvernement fédéral exilé en dehors des frontières suisse.  Cette résistance était constitué de 400 membres actifs dispatchés dans divers cellules régionaux actives et regroupant des spécialistes radios, pionniers, transports,..  En parallèle à cela, un organigramme quasi identique était organisé en cellule dormante. Celles-ci étaient capable de remplacer une cellule active désamorcer ou des membres « perdu », par exemple (le principe« Hydra » pour les initiés) cela augmentait ainsi de près de moitié son effectif initial de 400 membres. Néanmoins cette organisations aurait dû atteindre petit à petit 800 membres "actifs".

Le principe de sélection des membres étant ce qu’il est, l’ensemble des membres de l’organisation étaient instruit à leur spécialité respective lors de journées de formations dans 3 principaux sites : L’ancien fort d’artillerie de Krattigen nommé « Rosengarten » et puis et surtout à l’ancien PC de la 1ère division situé à Gstaad et nommé « Schweizerhof » pour les instructions tirs et théoriques et Hagerbach pour les instructions aux explosifs. 

(...) Dans des endroits multifonctionels,
revêtus de plaques de caoutchouc, les résistants
s'exerçaient aux tirs instinctifs
au pistolet (...)    
 Afin que les membres en sachent le moins possible sur l’organisation et la structure interne de cette résistance, ce qui pouvait mettre à mal une telle organisation, tout était mis en œuvres pour diminuer les chance de bavardage indiscret  ou si un membre venait à être entres les mains de l’occupant. Tout était calculé, La politique de cloisonnement ne laissait pas la place au hasard. Cela s’appliquait même lors des instructions ou lors des transports organisé vers ces lieux d’instructions.

"(...)Le participant travaillait, mangeait et dormait
dans une chambre qu'il avait la permission
de quitter seulement pour aller aux toilettes
ou se doucher dans ce cas le couloir était 
libérer pou lui(...)"  
Les ampoules rouges et vertes permettaient 
de "gérer" cette circulation des membres dans les galeries des 
ouvrages et contribuaient ainsi à cette politique de "cloisonnement"  


(...)J'étais embarqué (à Thun) dans un bus VW aux 
vitre teintées, La voitures s'arrêtait  devant une écurie 
ou une grange...

.... Et depuis là, on s'enfoncait dans les profondeurs (...)
C'est par cette petite issue, présent dans le garage (équipé de porte automatique) 
que les membres de la P26 rentraient dans le centre d'instruction de Krattigen   

L’équipement, munition et armes qui permettait d’équiper en cas d'occupation les membres de la P26 étaient déposés dans 3 dépôts centraux réparties sur le territoire suisse et un dépôt spécialement prévu pour le Tessin. Ces dépôts renfermaient tout ce dont une telle organisation avait besoins, chaque membres  avaient son container préparé soigneusement stocké, fermant le matériel utile pour pouvoir mener leur mission respectif en cas de résistance lorsque leur activation serait effective.


(...) Ce dont chaque membre aurait eu besoin en cas 
d'urgence (...) était soigneusement
emballé dans des containers d'acier cylindriques 

longs de 80cm (...) 
 le  cylindre d'un membre contenait
  • 1 pistolet
  • sa munition respectif 
  • un petit nécessaire de 1er secours 
  • divers cartes topographiques
  • 1 boussole 
  • 1 radio

le  cylindre d'un chef de régions contenait
  • 1 appareil de chiffrement, 
  • des accumulateurs et un chargeur, 
  • 2 cartons d'or (2x1kg /200x5gr/100x2gr), 
  • divers cartes topo
  • 1 pistolet P25, 
  • 120 cartouches
  • 1 set sanitaire contenant du Buscopan, Urgo, compresse, pince, Chlorure Sodium 0.9% et Baygon (mais pas de pillule pour le suicide 


Le cycindre d'un Pionnier contenait en outre
  • 1 fusil silencieux 
  • 1 mitrailleuse silencieuse
  • ...

(...) j'ai également suivi un cours avec le fusil silencieux qui été encore en développement,
je tirais donc un prototype, (...) sa précision était la meilleur (...)

 La P26 à néanmoins failli dans le fait que le financement s’est fait par le  biais de fond publique mais sans que le parlement ne soit au courant et ne puisse avoir un regard sur cette résistance. C’est en 1990, peu après le scandale des fiches, que cette  P26 et son existence se révèlent aux yeux des suisses qui ne cernent hélas pas bien l’objectif d’une telle armée secrète et surtout, son mode de fonctionnement. Par pression politique (causé entre autre par la peur de cette "armée secrète"), Kaspar Villiger, le chef du département militaire durant cette période mettra en place la dissolution de cette résistance, c’est chose faite en novembre 1990.

En 2041, les dossiers liés à la P26  seront déclassifiés. Pour l’heure, les anciens membres ont maintenant le droit de s'exprimer sur leur vécu au sein de la P26 comme bon le semble suite au retrait de l'obligation de réserve effectué en 2009. Le 26 mai 2014, c'est Rico, Chef du service qui décède, il est fort probable que passablement de détail sont parti avec lui et resteront secret pour l'éternité.


Si vous êtes interessé par cette défunte P26 et surtout son histoire, je vous conseil fortement l’acquisition du livre "Le faux Scandale de la P26" disponible aux Edition Slatskine. Un livre, l’un des 1er sur ce sujet, qui regorge d'une multitudes de détails et de témoignages sur cette résistance et son réel mode de fonctionnement.

 En parallèle à cela, si l’envie vous viendrait de vous plonger dans l’ambiance du Fort de Krattigen, vous pouvez effectué une visite guidée du fort en compagnie du maître des lieux: Daniel Miescher. Daniel que je tiens à vivement remercier pour l'autorisation qu'il m'a donné pour la publication des quelque photos faites dans son fort. 










CACHE N°3: L’anecdote "Guerre Froide" du Canton de Fribourg.

« en 1992*, on a découvert à Belfaux, (…) un dépôt matériel soigneusement constitué  par les soviétiques comme l’avait révélé un archiviste du KGB »
* il s'avère que cette année est fausse: il s'agit de 1998 




Si l’affaire n’est pas complètement lié à la P26, elle est néanmoins relatée dans les 1eres page de ce livre "Le faux scandale de la P26", cette série de pages qui nous remet dans l’ambiance de l’époque et des réelles possibilités d' attaques russes envers la Suisse et dont cette phrase ci-dessus est tiré. Une phrase qui passera bien inaperçue pour la plupart des possesseur du livre, à l'exception  peut être, des "régionaux" de cette histoire. Un fait divers ayant relativement peu de précédant. J'ai encore en mémoire la lecture de cet article passé dans "La Liberté" de l'époque. Une mémoire qui ne s'est pas trop transformé avec le temps puisque les grandes lignes, je les avait bien gardée en tête.


Coupure de l'article du 22 janvier 1999

C’est en 1998, le 3 décembre, à Belfaux, qu’une équipe de la police cantonale fribourgeoise appuyé par la police fédérale s’active  à creuser le sol de la foret, proche de la chapelle bordant la lisière de la Foret Cantonale suite à l'information permettant de localiser ce que les agent du KGB ont nommé "Cache n°3" et attention. nous ne somme pas loin d'une chasse au trésor "à gauche de la chapelle arrivé au pilier en pierre gravé "FC" partir de 36 pas  en s’enfonçant dans la foret (...)"  

Extrait de  "The Mitrokhin Archive" qui contient avec exactitude
la localisation de la Cache n°3


et la chapelle connue des gens de la régions, qui est le point de départ
de cette chasse au trèsors particulière 
"The Stone Pillar with F.C. inscription"  devait sans doute être l'ancienne version de ce qu'ai maintenant un
point fixe planimétrique. En tout les cas, tout proche des "55 pas" se trouve une telle borne

Cette info repéré dans le livre «The Mitrokhin Archive», un mémoire écrit par l’ancien agent du KGB Vassili Mitrokhine et l’historien Christopher Andrew, s’avère incroyablement juste et c’est à cet instant que la fiction digne d’un James Bond  joint dangereusement  la réalité !

30 ans après son enfouissement effectué  par un (ou des) membre(s) de la section du KGB de l'ambassade soviétique de Berne à cet endroit précis et à 1m de profondeur, il sera bel et bien retrouvé 3 containers contenant entre autres armes et argent mais également  une boîte en acier étanche renfermant ni plus ni moins un émetteur à onde courte BR-3U, un appareil de codage et les accessoires utile à leur bon fonctionnement. Tout était dans un parfait état de fonctionnement et surtout... tout cela était  parfaitement piégé par 3 charges explosifs mise en fonction sur le principe nommé "Molniya". Le principe d'enfouissement était quand à lui appelé "Leave Behing"  

Tout un système (également décrit dans le livre de Mitrokhin) permettait de repérer
 la valise  au fur et à mesure de l'excavation, la jarre de cerre (à droite)
sera le 1er repère, La tige d'acier positionnée à la vertical sera est le
second guide le guide qui mènera tout droit à la mallette
(images prise par la FedPol lors de l'extraction de la mallette) 


Malgré les informations que révélés le livre, il n'a pas dû être facile
de localiser exactement la zone à creuser... 

Voici exactement ce que contenait la "prise" de Belfaux en terme de moyen de communication:



l'émetteur radio retrouvé, le BR-3U est un modèle d'exemple  
dans le domaine de la radio à onde courte 


Le récepteur Svir

divers accessoires 




Un appareil de codage



Le tout étant renfermé dans une valise
contenant 3 charges explosifs 

L'appareil de codage était également piégé!

Pur hasard ? Présence d’un  Parc Automobile de l’Armée tout proche ? Si ce matériel trahi effectivement la présence actif du KGB sur le territoire suisse en pleine guerre froide, elle révèle également une mise en place tactique d'élément pour un événement bien particulier. En cas d'attaque de l'Europe par les airs de par les forces Russes, le couloir neutre et la faible densité d'aérodrome militaire de notre pays aurait été privilégié afin d'y créer un "passerelles aérienne" par dessus nos têtes. Si dans un réflexe nous pourrions penser que cette mallette en stand bye à cet endroit peut être lié au Parc Automobile de l'Armée tout proche... Il n'est en fait rien. C'est pour l'Aérodrome de Payerne et la base Bloodhound de Torny que cette mallette était préparé .

Des mallettes similaires ont d'ailleurs été retrouvé à Meiringen ainsi qu'à Dübendorf. Par la suite, plusieurs caches similaires auront été retrouvés et renfermant le même type de matériel notamment en Italie, en Belgique (3 rien que pour la régions de Bruxelles)  mais aussi en Allemagne, celles-ci n’étaient toute fois pas piégées. L’organisation Russe ayant prit le relais du KGB, nie la connaissance de ces caches.





Notez que ce matériel est exposé au Château de Morges dans le cadre de l'exposition « Les services Secrets ». Jacques Baud, ancien officier du SRS et initiateur de cette présentation prolongé jusqu’en octobre 2014, fut lui-même sur place le jour de la découverte de cette boîte piégée à Belfaux.


Depuis le 7 juillet 2014, Ce que les connaisseurs appel "le fond Mitrokhin" , soit 19 cartons renfermants plus de mille  des dossier secret exfiltré pas l'ancien archiviste du KGB, est dorénavant consultable dans les locaux du Churchill Archive Center de Cambridge. 








Avec, à 5:06, la mise en situations exacte de la prise de contact entre membre de l'organisation