lundi 29 juillet 2013

Omi - Vallée du Motélon

Je vous emmène ce jour du côté de la vallée du Motélon qui renferme aussi quelques anciennes traces laissées par l'armée suisse. 

En partant de Charmey, après avoir traversé la plaine du Liençon, on attaque un virage à 90° sur la gauche et 200m après le retour dans la forêt une grande place d'évitement se dévoile sur la gauche. Cette place contient à son extrémité un signe annonciateur d'OMI dans la zone: le PMA 





le PMA (à gauche) est anonciateur d'OMI dans la zone.
Ici, c'est cette route qui aurait été coupée sur une centaine de mètre en cas de minage

50m  plus loin que ce dernier on retrouve un omi de conception basique qui aurait sectionné la route sur un tronçon de près de 100m. Pour mener à bien cette opération la route est équipée de 3 puits de minage succédée de 3 chambres de minage. 

3 puits de minage précèdent... 

... une série de 3 chambres de minage dont l'accès se fait par un petit chemin visible à droite de la route
Les piquets d'acier militaire sont toujours en place.  

L'omi maintenant démantelé, la route conserve l'ensemble de l'installation. Les chambres ne sont pas murées et arborent encore les peintures de camouflage d'origine. 




On retrouve en outre une plaque de béton et une chambre murée, qui pourrait (c'est à confirmer) être les traces d'un ancien réseau de minage. 





Un autre omi se trouve encore sur cette route, nous tacherons d'y trouver les "restes". 


dimanche 28 juillet 2013

Mise à jour

l'article traitant des positions du Pont Du Roc vient tout juste d'être mis à jour. 



Quelques photos de la 1ères visite sur les lieux que je jugeais trop "chlorophilé" ont maintenant été corrigées et d'autres photos accompagnées d'observations ont été rajoutées.

Malgré ce petit ajout, je suis toujours à la quête de 2 cavernes bien cachées dans ce secteur. 


Affaire à suivre et très bonne lecture  

samedi 27 juillet 2013

Motus et Bouche Cousue à Dailly

Après un sujet sur la P26, "Motus et Bouche cousue" se promène dans les galeries de la plus grande fortification de suisse qu'est Dailly.. 




Intervenants: 
Maurice Lovisa: Architecte EPFL, Spécialiste de la fortifications suisse, responsable de l'inventaire suisse des ouvrages de combat et de commandement (ADAB
Jean-Luc Bressoud: Garde-Fort durant 39 ans dans le fort  

Sur le même sujet: 



mardi 23 juillet 2013

Omis de Broc - Les 3 ponts


Présentation générale



Si je vous ai déjà fais part d'un article sur l'Omi de Bataille situé à la sortie de Broc (direction de Charmey). Je ne vous ai pas encore parlé du groupe d'Omi situé dans le même village, mais à son opposé : c'est à dire à l'entrée de celui-ci, en venant de Bulle! 

Ce groupe d'ouvrages enjambant la Sarine  est vraiment très intéressant à étudier car il y mélange différents types de minage exploités  dans ce domaine. On y retrouve du type R, du type L,  de la charge permanente, de la charge V, des chambres et des puits de minage.  Tout cela concentré sur quelques petites centaines de mètres. 


Photographié depuis le pont de pierre, on retrouve en 1er plan le pont de la route cantonale et en arrière plan, le pont ferroviaire. 









Le Pont de Pierre 

Le légendaire pont de pierre, batît en 1580, adossé à la maison fortifiée et longeant la route actuelle, n'a pas été épargné par la confédération suisse. La raison en est assez simple: jusque dans les années 70, ce pont était le seul ouvrage permettant le passage des voitures à cet endroit. A l'époque ce dernier revêtit encore un tablier plus large et plus carrossable que le pont que l'on connait maintenant. A cette période antérieur à 1970, ce pont était vraisemblablement équipé de chambres de minage de type L. 
Sur la photo visible ci-dessous, nous voyons une excavatrice retirant le tablier "moderne". Le but de cette opération est de rétablir le pont au plus proche de sa version originale de l'époque. Nous apercevons également un canal qui longe la voûte... il est fort probable que c'est le canal de l'ancien réseau de minage. 


source: Broc.ch
Lors de ce retour à son esthétique originale, le pont se vera affublé au même moment, du nouveau dispositif de minage. Dans cette dernière configuration (càd suite à le construction du pont de la route cantonale actuelle et comme on peut toujours l'observer à ce jour) ce pont de pierre est de type R, on y retrouve sur place un puits de charge et un puits relais (intégrant du coup ce pont à celui de la route cantonale dans le réseau de mise à feu). Il  est clair qu'il n'aurait pas fallut une grosse charge pour venir à bout de ce fière petit pont de pierre. 





Le puits de relais "jure" sur la place gravier précédent le pont 

le puits de minage, quant à lui,  passe complètement inaperçu...


...mais on y regardant de plus prêt, on découvre le pot au rose! 





Le pont de la route cantonale 


De construction bien plus récente (!!!) le pont de la route cantonale est lui aussi miné. Nous sommes ici en présence d'un ouvrage de type L. Autrement dit: les charges sont ici non permanentes: c'est la troupe qui était en charge d'amener les explosif aux endroits dédiés. 


On retrouve aux abords directs du pont le PMA (le puits mineur) qui est le centre névralgique de la mise à feu de cet ouvrage. Le puits de relais situé  proche du pont de pierre laisse supposer que ce dernier était en prolongation au pont de la route cantonale. Ce PMA gérait donc ces 2 ponts. 




profond de 2m. le PMA abritait le processus de mise à feu (détonateur, cordeaux, ...) 

Sous le tablier on retrouve le réseau de canaux et boitiers de dérivations qui permettaient le cheminement du cordeau détonant et la connexion "en série" des explosif reparti sous  l'ensemble du tablier 

Au fond à gauche, on devine un travail de maçonnerie d'où sort un tube acier.
C'est le point de départ  situé dans le boitier qu'abrite le PMA
A droite, le 1er boitier de dérivation du réseau. 

le canal longe le pont, les boitiers sont réparti tout au long. 

Chaque positions de boitier correspond à une ligne de charges explosives. Avant démantèlement ,nous retrouvions
ici (on y voit les traces) des rails permettant d'accueillir des charges V)

Exemple avec rails et boitier non démantelés
(photos prise sur l'ancienne place d'instruction PiFort à Riddes)


Les échafaudages, muni de crochets, venaient se loger dans les point 
d'encrage ancré dans le béton  du tablier






Le pont ferroviaire 


Dernier élément du "verrou de Broc", le pont ferroviaire. Construit en 1985 c'est une construction relativement classique composée de piliers en béton et d'une structure porteuse de tablier en poutres acier. 

piliers (côté Broc) étaient emménagées pour accueillir les charges. Charges qui ici devaient être permanentes. Cet ouvrage devait donc sans doute être du type R. 

les piliers bordant la route (1x gauche/1x droite) renfermaient les charges. 

accès à la 1ère chambre de minage




accès à la seconde chambre de minage avec à son départ le puits de relais 
ce dernier faisait également office de puits de dérivation dans le cas présent



seconde chambre de minage



Photo de famille hivernal 

Le PMA, quand à lui, est maintenant très bien caché! A moitié enseveli, il se situe sur la place gravier se trouvant à l'arrière du Garage voiture se trouvant sur cette zone. (Un grand Merci à H.-P. H pour cette cruciale information! )  










Pont routier de Pra Couquin



Ce petit pont situé à l'endroit où la Sarine se jette dans le Lac de La Gruyère était également miné. Mais ici, il fait faire comme les antiquaires avec les vieilles chaises: il faut le retourner pour le faire parler!

Si depuis le tablier plus la moindre trace n'est visible, on peut  néanmoins deviner un carré de bitume  qui peut laisser supposer  une ancienne présence d'un puits à cet endroit.


Vrai ou faux? il suffit simplement de jeter un petit oeil pour en avoir le coeur net! On retrouve tout le long du tablier le canal qui devait guider le cordeau d'une zone de minage à l'autre (d'un pilier à l'autre). Mieux encore, on voit le dessous des plaques de chambre de minage toujours en place et d'anciens points scellés au haut des pilliers. Le doute n'est plus permis, l'ouvrage était miné. 





La seule incertitude ici est de définir le type de minage présent. Le puits  nous menait il dans une chambre  de minage fermée et maintenant démantelée (j'en doute) ou menait-il à des points d'accroches typique des types L. ? 

mardi 9 juillet 2013

OMI - Viaduc de la Gruyère

Tout proche de l'OMI du Bry, Construit de 1976 à 1979 et faisant maintenant parti intégrante du paysage, le Viaduc de la Gruyère long de ses  2 km et de ses multiples piliers a aussi été un ouvrage que l'armée suisse s'est "approprié" afin d'en faire un OMI








Si tous les piliers contiennent de petites issues (pour les contrôles techniques) seul 2 offrent des entrées plus "spacieuse". Situés sur les 1er 400m du tronçon autoroutier du côté SUD (Avry-Dt-Pont / Gumefens) et accessible via la route de la Gruyère, ce sont ceux-ci qui va retenir notre attention. 






En effet, sur une section de 3 piliers, 2 piliers sont dotés, à leur base, d'entrée permettant l'accès aux chambres de minage. L'ouvrage ayant été de type R (l'omi est à ce jour déminé) l'explosif entreposé à l'intérieur aurait permis la destruction du tablier (via effondrement des piliers) sur une longueur de proche de 140m.  Ces 2 piliers étaient bien évidement reliés "en série" via cordeau détonnant installé par la troupe le moment venu via les canaux sous terre tout dédiés. 


Le chemin pédestre côtoie la chambre de minage n°1, ça n'était bien sûr pas le cas à l'époque 


On retrouve  à l'avant du pilier n°1 et en lisière de forêt qui borde le champ proche de la route de la Gruyère des puits de relais. Il est fort probable que d'autres puits de relais sont encore cachés dans le secteur mais enfouis dans la pente, sous la quantité de feuilles mortes.  Cela étant, aucun signe de puits de mineur dans le secteur. 


L'entrée du pilier n°1 avec le puits de relais s'y trouvant juste devant.
On entrevoit, à droite de l'échelle, derrière l'arbuste le conduit devant abriter le cordeau détonnant 

Un puis de relais dort en bordure de champs, il est à mi chemin entre le pilier n°1 (qui se trouve en second plan
entre les 2 arbres)... 


... et le second pilier miné

Pour l'anecdote, le pilier n°1 étant l'un des plus haut du Viaduc (avec ceux dont les fondations reposent au fond du lac) , il a fallut rivaliser d'astuce pour mener la marchandise à bon port. Inséré dans le pilier depuis le tablier, il aura fallut une grue, user de toute sa longueur de câble et augmenter tout cela en y ajoutant un palan pour acheminer les explosifs aux divers endroits souhaités et surtout au plus bas de l'ouvrage 




Le défit aura été plus "humain" avec le second pilier dont les fondations se trouvent au sommet de la pente qui distance les 2 piliers. 






a contrario de l'image précédente, ce type de porte équipe l'ensemble des piliers, mais elle n'a rien de "militaire"... 


Lien intéressant: 
- les étapes de la constructions du Viaduc de la Gruyères