jeudi 22 novembre 2012

La Brâ (Secteur La Tine)


C'est par un formidable dimanche de novembre que nous avons décidé de jongler avec la frontière Valdo fribourgeoise pour longer cette Crête surplombant La Tine / Rossinière (pour les vaudois) et Montbovon (pour les Fribourgeois  Gruyèriens), une crête qui est "infestée" d'ouvrage allant de la simple petite casemate à l'ouvrage d'infanterie sous ROC sans oublier quelques abris-cavernes.
Ce dispositif était présent à cet endroit pour stopper l'ennemi venant de l'Intyamon et voulant contourner le fort d'artillerie de la Tine par cette longue crête. 


Je vais vous en faire découvrir quelques un ici, et dans un ordre "non numéraire". La raison est simple. Nous avons attaqué cette journée par la fin (si on peu le dire ainsi ;-) ).


A1672 
Local/bunker simple, 2 embrasures Mitr


Dans ce Bunker, un affût mitr est encore présent






A1671
Local/bunker simple, 2 embrasures Mitr


Tout les bunkers de la section supérieur (A1672 -> 1666) son construits sur le même schéma 






A1670
Local/bunker simple, 1 embrasure Mitr








A1669
Local/bunker simple, 1 embrasures Mitr









A1668
Local/bunker simple, 1 embrasure Mitr




A1667
Local/bunker simple, 1 embrasure Mitr





A1666
Local/bunker simple, 1 embrasure Mitr









Wxxxx
Réservoir

Se trouvant un peu plus bas que A1666, ce réservoir assurait manifestement l'approvisionnement en eau des ouvrage A1664 / A1663 / A1662 / A1661 / A1660.




A1665
????

La numérotation des ouvrages de la Crête de la Brâ saute de A1664 à A1666. Si il arrive que dans les listes d'ouvrages, certain numéros ne sont pas attribué, je ne pense pas que la configuration des lieux donne place à des n° vierge ou de réserve dans cette zone.  Une "rumeur" plane peut être sur l'origine de ce numéro absent et s'appouyerait sur le fait que l'entrée d'un ouvrage de cette lignée aurait été engloutie lors d'un glissement de terrain. La nature aurait donc fait ce travail de condamnation avant l'heure et la confédération aurait jugé bon de ne plus tenter de le "renflouer". 

Sur le chemin menant de Sonlemont à La Brâ, dans un secteur qui pourrait très bien géographiquement abriter un A1665 (puisque se trouvant entre A1664 et 1666) on peut deviner un chemin (maintenant caché par la verdure, comme si il n'était plus exploité) menant en bord de précipice, un petit dévaloir naturel rongé par l'Ondine. Ce chemin aurait il peu mené à l'ouvrage? La question restera certainement sans réponse pour très très longtemps. 


A1664
Abris caverne, 1 sortie de secours

Cet ouvrage est un simple abris caverne se situant dans le secteur NE de Sonlomont.  On accède à La sortie de secours  après avoir gravis une échelle estimé à 15-18m





Si nous trouvions la profondeur de l'échelle du A1657 "intéressante" avec ses 13m,  cette échelle l'est un peu plus avec
une hauteur estimé entre 15 et 18m 





L'implantation original du sapin arborant la bouche d'aération (et non l'inverse ;-)  ) 



A1663
Ouvrage d'infanterie sous roc avec 1 embrasure FM









A1662
Ouvrage d'infanterie avec 1 bloc Mitr, 2 x 2 embrasures FM, WC, 1 sortie de secours 


Le bloc de la sortie de secours, la porte sert elle même d'embrasure 








Secteur de feu du bloc Mitr 






A1661
ouvrage infanterie avec 2x 2 embrasures FM (opposées) 

Cet ouvrage était camouflé en cabane en rondins. Suite à le chute de certains de ceux ci-, ils ont été démontés. 




A1660
ouvrage infanterie avec 1 Bloc Mitr, 1 sortie de secours
La sortie de secours contient également une embrasure FM



secteur de feu du Bloc Mitr, on y aperçoit l'ouvrage A1662 


Bloc de sortie de secours du A1660...

et ce qu'il cache









W1901
Réservoir

Situé face au A1660, Cet ouvrage renferme  un grand réservoir qui alimentait une grande partie des ouvrage sous roc du secteur ouest du dispositif




A1659
Abris caverne




A1658
ouvrage d'infanterie dont les embrasures  couvrent le secteur de la Grosse Chia / Le Gresally  et le col dont l'arrivée est proche de la sortie de secours 
La sortie de secours contient également une embrasure FM
Mise à jours 08.13: cet ouvrage sous roc renferme, en outres les embrasures FM, une position Mitr à la fin d'un long boyaux de 90m et dont son embrasure couvre le secteur du Gresaley. Il repose sur le même plan de son très proche voisin A1657










(Image ci-dessus) cet ouvrage renferme un mystère: cette galerie d'accès à la sortie de secours contient un endroit (haut de la photo) dont on a l'impression que le plafond à été bétonnée. Dans cette "dalle" on y voit un carré scié proprement et profond de bien une trentaines de centimètre. Un carré qui est d'ailleurs un peu plus profond que le niveau de la dalle. Que s'est-il passé ici?  
 Autre particularité; l'échelle menant à la sortie  de secours se fait d'abord à la vertical pour finir ses derniers mètres à la diagonale. Autant vous dire que lors de la descente de celle-ci, il fallait vite assimilé qu'une fois la section diagonal faite, cela passe direct à la section vertical.. sans quoi la chute était au RDV.. 


dernière section de l'échelle, diagonale.



Très belle vu sur "Les Brâles" si trouvant sur le versant nous faisant face.




A1657
Ouvrage infanterie avec 1 x 2 embrasures FM couvrant Le Gresally
La sortie de secours contient également une embrasure FM

Comme l'ensemble des fortins sous roc de la zone, on  retrouve une entrée (situé versant "Tine"), une caverne principale, un réservoir et une casemate équipée de 2 créneaux FM orientés en direction de Montbovon au bout d'une longue galerie de près de 80 mètres. Une sortie de secours équipe également cet ouvrage. Elle se trouve au haut d'un tube de près de 13m. de haut. 





















La trace que 2 GF ont laissé contre le mur lors du colmatage des tubes lances-grenade!
 Précisons qu'ils sont toujours domiciliés dans la régions. Messieurs, si vous entrecroisez ces lignes, ne vous gênez pas de marquer le passage par un petit commentaire!









A1656
abris caverne 






A1655
abris caverne

Implanté dans le secteur du "Creux de l'enfer", la caverne A1655 est, tout comme son frère jumeau qui le côtoie A1654, un simple abris-caverne muni d'une sortie de secours et de conception complètement identique que les A1656, 59 et 64.


A1654
abris caverne

Implanté dans le secteur du "Creux de l'enfer", la caverne A1654 est, tout comme son frère jumeau qui le côtoie A1655, un simple abris-caverne muni d'une sortie de secours et de conception complètement identique que les A1656, 59 et 64.






A1653
Casematte - Faux chalet   

Implanté dans la pente du Gresaley, cet ouvrage est le frère jumeaux du A1661. Même si il est maintenant en très mauvais état, on retrouve encore sa robe d'origine: à savoir son camouflage fait de troncs donnant l'illusion d'une cabane forestière. A noter qu'à l'époque de sa splendeur ce chalet était également casqué d'un toit typique. Toit maintenant disparu dont on devine encore ses bases



Position Sud 


Position Nord 





coup d'oeil sur le toit de l'ouvrage, on y retrouve encore des traces du "faux" toit et surtout de ses poutres piliers 

parmi tout cela, un échelon..  une réponse à sa présence ici un peu plus bas


Ce bloc de béton renferme 2x2 positions pour FM/obs. 2 couvrant le secteur Nord et 2 couvrant son opposé: le Sud.

Le sous-sol renferme quand à lui un espace de vie et un accès à la sortie de secours (très étroit) qui débouche sur le  toit de l'ouvrage.  A confirmer aussi si cet étroit boyaux ne devait pas aussi faire office de cheminée!


Position Sud 

position Nord avec accès au sous-sol


Derrière l'échelle se trouve l'accès à la sortie de secours

La sortie de secours...

...et l'endroit où elle débouche


AXXXX?? 


En plus des A1654 et 55, le secteur de "Creux de l'Enfer" cache également une dernière galerie qui aurait peut être dû faire partie de l'ensemble des ouvrages de cette zone. Pourquoi "aurait dû"? 
Et bien cette galerie n'est rien d'autre qu'un début d'excavation effectué dans la roche, une excavation d'environs 10m et rien de plus.  Peut être un ouvrage inachevé pour je ne sais quelle raison. 












Un monde qui peu à peu part dans l'oublie et la poussière... 

mercredi 21 novembre 2012

C'est l'chantier!!

World of Teeone est arrivé à sa limite logique de stockage. Un peu normal quand on sait que le but initial d'un blog... et de bloger et non pas d'y insérer un certain nombre d'images . Qu'est-ce que cela veut dire?  Et bien je dois faire un peu de ménage si je veux continuer  à vous présenter quelques ouvrages. 

En même temps c'est  un peu le bon moment pour se faire la réflexion tant attendu de la migration vers un site internet en bonne et dû forme!!  HOP, je cours à cette rude réflexion. 



samedi 17 novembre 2012

Jonathan Andrew

Johathan Andrew a sillonné l'europe pour photographier des Bunkers bâtis durant la Seconde Guerre Mondial

 Ici l'effet strobiste et fortement présent et donne un rendu très prenant de ces ouvrages.





dimanche 4 novembre 2012

Petit récit au sujet de la P-26

Organisation militaire secrète  dissoute puis dévoilée dans les année 90, voici une petite mise en bouche qui traite de la P-26


Le bunker de la P-26 transformé en musée
 Propriétaire du bunker, Daniel Miescher, projette d’ouvrir un musée privé. Il veut faire revivre l’époque de la guerre mondiale et aussi de la P-26, cette armée secrète dont l’existence a été révélée en 1990

Une grange en bois insignifiante surplombe le lac de Thoune (BE). Son propriétaire Daniel Miescher ouvre la porte coulissante et déverrouille une grille, puis une porte blindée. Une échelle en métal verticale conduit le visiteur dans un des bunkers de "formation" de la légendaire armée secrète P-26.

Le nom de code de cette installation souterraine située près de Spiez, dans l’Oberland bernois, est «jardin alpin». Elle a été construite durant la Deuxième Guerre mondiale pour faire office de fort d’artillerie. Un système de galeries relie les trois bunkers au bâtiment d’entrée.

Toutes les parties situées en surface sont camouflées en granges. Un observateur attentif pourrait s’étonner de la présence de colonnes d’aération s’élevant du sol. Dans les années 1990, ces dernières étaient cachées derrière un faux rucher.

Fondues

Car sous la terre, les membres de la très secrète armée P-26 se préparaient à la situation de crise: l’invasion de la Suisse par une puissance ennemie.

Le propriétaire du bunker, qui l’a acquis en 2004, souhaite que l’installation retrouve le mieux possible son état d’origine. Le musée privé qu’il projette d’ouvrir doit faire revivre l’époque de la guerre mondiale et aussi de la P-26 (projet 26).

Il propose déjà des visites guidées, qui lui permettent depuis plusieurs années de rentrer dans ses frais. Le passionné est aussi prêt à louer le site pour des anniversaires ou des fêtes d’entreprise. Il est même possible d’y organiser une soirée fondue, puisque le système d’aération le permet.

Voyage secret

L’adresse se trouve aisément sur internet. Il n’en a évidemment pas toujours été ainsi. «Au début, je me rendais toujours à Thoune, d’où j’étais transbahuté dans un bus VW aux vitres teintées», se souvient «Wilfried», membre de l’armée de résistance, dans le dernier livre de l’historien Martin Matter.

«Wilfried» était enseignant en Suisse orientale et faisait partie des quelque 400 Suisses recrutés pour la P-26. Dans le «jardin alpin» et plus tard à Gstaad (BE), ils étaient formés au projet secret et acquéraient des connaissances techniques: guerre psychologique, sabotage ou radio à ondes courtes.

Salué par vidéo

Souvent, même les épouses de ces hommes ne savaient rien de leur double vie. Lorsqu’un membre de la P-26 était appelé pour un cours, il devait inventer une histoire plausible à raconter à sa famille et à son employeur pour justifier son absence.

Il se rendait ensuite à l’endroit convenu, par exemple à la gare de Thoune. Son voyage derrière les vitres teintées se terminait dans l’un des garages construits derrière l’un des bunkers d’artillerie. «De là, on descendait dans les profondeurs», rapporte Wilfried.

Dans le «jardin alpin», le participant au cours s’installait dans une chambre individuelle. Dans un message vidéo, le chef d’Etat- major le saluait et lui assurait que la P-26 était un élément officiel de l’ensemble des mesures de défense du pays. L’appelé suivait aussi par vidéo différentes leçons et exercices.

Signal lumineux et container

Car chaque membre de l’armée secrète devait connaître le moins possible de collègues. Ainsi, s’il était fait prisonnier, il n’aurait pas pu les dénoncer. Lorsque le participant quittait sa chambre, le couloir devait être vide. Un signal lumineux était installé à cet effet, montre le propriétaire du bunker Daniel Miescher.

L’énorme collection compte aussi un container d’acier long de 80 cm. En situation de crise, chaque membre de la P-26 aurait obtenu un tel objet étanche à l’eau, au gaz et à l’air. Il aurait aussi reçu un pistolet et si nécessaire d’autres armes, munitions et médicaments, mais aussi des lingots d’or, considérés comme un moyen de paiement ou de pot-de-vin idéal en période d’occupation.

On ignore combien de membres de l’armée secrète ont été formés dans le «jardin alpin». Par contre une chose est sûre: ils s’exerçaient à manier des armes, comme en témoigne une installation de tir à 25 mètres.

L’existence de la P-26 a été révélée en 1990, dans le sillage de l’affaire des fiches. Elle reste politiquement controversée jusqu’à présent. Une analyse historique fiable ne devrait être possible qu’après 2020, une fois que les archives seront accessibles.











avec, comme intervenant:
Jean-Philippe Aeschlimann, Ancien membre de P26 

Jacques-Simon Eggli: conseiller national libéral, membre de l'organe consultatif secret "groupe 426"

Martin Matter: Historien et ancien journaliste à la Basler Zeitung. Auteur de "P-26, die Geheimarmee, die keine war" dont la traduction en français est en court et sera disponible dans le courant de l'automne 2013 aux éditions Slatkine sous le titre "Le faux scandale de la P-26 et les vrais préparatifs de la résistance"